Ma vie d’expatriée.

Après 6 mois à Lisbonne, je me suis dit qu’il était (peut-être) temps de vous expliquer le pourquoi du comment de ma venue dans la capitale portugaise.

Après mon retour du Canada (vous pourrez trouver un résumé de mon aventure ici), j’avais le blues du voyage. Partir à l’autre bout du monde pour une durée plus ou moins longue, ça vous fait pleurer avant le départ (au revoir papa, maman et le chien) mais au final, vous pleurez encore plus en partant ! Vous vous dites que la belle vie est finie, qu’il est temps d’entrer dans la vie active « métro boulot dodo ». Vous dites adieu à une aventure unique et c’est vraiment difficile psychologiquement de revenir à un train de vie quotidien.

Lorsque j’étais au Canada, il m’arrivait de temps à autre de regarder des offres d’emplois sur Internet pour anticiper mon retour au pays. Dans mes idées de voyage (c’est une véritable drogue, je vous jure !), j’avais trouvé ce site www.europelanguagejobs.com qui, comme son nom l’indique, propose des emplois un peu partout en Europe. J’ai laissé ce site dans un coin de ma tête pendant le reste de mon séjour et à mon retour en Belgique, en élève assidue, j’ai commencé à chercher un travail. Puisque mon seul but était de continuer à voyager, mêler découvertes et travail était la meilleure option à mes yeux. Quand soudain (un vrai roman cette histoire), j’ai vu une offre « conseiller agent de voyage » (plus ou moins hein) à Lisbonne. Bon, j’ai voyagé, j’ai fait des études de communication donc je pense pouvoir m’exprimer face à des clients et Lisbonne c’est… Le soleil, la mer, la morue, toussi toussa quoi ! Le seul hic, c’est qu’on était début septembre et qu’ils cherchaient des gens pour… mi-septembre. Et c’est après une conversation très intense avec mon père (5 minutes, avant qu’il me dise « MAIS FOOOOONCE ») que j’ai postulé en me disant « De toute, ça fait 1 an que je cherche du boulot en Belgique en me faisant remballer, ça sera la même chose ici ! ». C’est ce qu’on appelle « l’arroseur arrosé » puisque deux jours après, je commençais ma série d’entretiens téléphoniques pour apprendre 4 jours avant le jour J que j’étais engagée… je ne vous raconte même pas le stress. Je venais de trouver mon premier job, dans un pays que je ne connaissais absolument pas et dont je ne connaissais pas la langue (je ne la connais toujours pas ceci dit. Shame on me). Je m’apprêtais à vivre ce que les jeunes de mon âge font en plusieurs étapes : boulot, appartement, vie d’adulte. PAF ! Une grosse claque de stress et d’émotions en tous genre.

Pour faire un bref aparté sur l’entreprise, je travaille pour Téléperformance dans le projet « Expedia » (voyages en ligne). En gros, c’est du call center. Alors, il est certain que ce n’est pas ce genre de job dont je rêvais pour ma « carrière » mais au final, je suis très heureuse d’avoir commencé ma vie professionnelle dans un centre d’appels parce que l’air de rien, ça permet de développer pas mal de compétences qui pourront me servir dans d’autres jobs et d’un point de vue personnel, ça te permet de dépasser tes limites et d’apprendre la patience et l’empathie. Le gros plus également de cette entreprise, c’est qu’on vous fournit un appartement en colocation avec d’autres employés. On ne paye ni loyer, ni charge. Ton salaire, c’est ton argent de poche. Malheureusement, beaucoup de personnes viennent ici pour des « vacances payées ». Si ma superviseur passe par-là (coucou !), sache que non, ce n’était vraiment pas mon but en venant ici ! J’ai un minimum de conscience et de respect… BREF !

Revenons à nos moutons. Et puis, le départ. En réalité, je me suis rendue compte que je me barrais pour minimum 6 mois (la durée de mon premier contrat) une fois que l’avion a décollé. Même les pleurs de ma maman et le regard bienveillant de mon papa ne m’ont pas fait réaliser dans quoi je m’embarquais. Arrivée à Lisbonne, un membre du « welcome support » est venu me chercher pour m’amener directement à mon appartement. J’ai eu de la chance, je suis en plein centre de la ville, à côté d’une station de métro, à +/- 30 minutes de mon lieu de travail. Je suis arrivée un samedi soir et j’entamais ma formation (d’une durée d’un mois) le lundi matin.

Et le lundi est arrivé. Un peu stressée mais trop tard pour reculer (admirez la rime !). Heureusement, j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer deux de mes futurs collègues à l’aéroport, donc j’appréhendais un peu moins la phase « coucou, tu t’appelles comment, tu viens d’où ». Je ne vais pas vous faire un debrief de ma formation, de mon travail et de la vie de mes collègues. Je veux juste partager avec vous ce que c’est de vivre à Lisbonne comme expartiée. Pour ce qui est de la ville en elle-même, je vous écrirais un article à la sauce ne celui que j’avais rédigé pour Toronto (ici).

Quand tu débarques dans un pays pour travailler, tu te dis que ta vie sera la même que si tu bossais dans la ville à côté de chez toi. Mais que nenni ! On se retrouve sans point de repère et sans connaitre personne. Du coup, certains de mes collègues sont devenus des amis. Je parle ici d’une vraie amitié car, encore une fois, ces personnes deviennent vos points de repères et deviennent rapidement le centre de votre vie. C’est avec eux que vous sortirez boire un verre et à qui vous raconterez les derniers potins (mon truc préféré sur cette Terre). Je sais par exemple que je reverrai certains d’entre eux après cette aventure (oui, je ne compte pas bosser ici toute ma vie. Je sais que c’est une parenthèse parmi tant d’autres). Même si ils vivent loin de chez moi, l’amitié n’a pas de distance.

Vous n’êtes également pas dans votre « milieu naturel » (oui, un peu comme un animal !). Du coup, votre rythme de vie n’est pas du tout le même que la moyenne. Vous êtes avides de découvertes (du moins, au début, vous passez vos dimanches à faire du tourisme). Et Lisbonne, il faut l’avouer, vous donne envie de faire la fête assez régulièrement puisque c’est une capitale très vivante et jeune. Il n’est donc pas anodin d’aller boire des verres après le travail (avec modération) et de sortir à peu de choses près tous les samedis (sans modérations, soyons francs). Du coup, depuis que je vis ici, j’ai l’impression de vivre une deuxième adolescence (la crise en moins).
En fait, cette vie me donne une grande sensation de liberté. Loin de mon pays, de la vie que je menais chez mes parents, je me sens pousser des ailes (bien que mes parents ne soient pas des tortionaires, loin de là).

Encore une fois, le plus difficile quand on vit loin de chez soi, c’est le manque de nos proches. Pour moi, le plus dur aura été sans aucun doute mon anniversaire et Noel. Pour ces deux évènements, c’était la première fois de ma vie que je les passais sans mes proches (amis et famille). Et franchement, bien que Skype soit réconfortant, ça fout le cafard. Et c’est là que vos amis expartiés sont importants : ils vous comprennent et vous en profitez pour partager ces moments importants de votre vie ensemble. Ces personnes là (elles se reconnaitront), c’est un peu ma famille ici.
Ceci dit, le fait de voir peu vos proches est aussi un avantage. Vous les voyez peu et quand vous rentrez pour une semaine ou qu’ils viennent vous rendre visite, vous n’avez pas le temps de vous attarder sur des futilités. Vous profitez juste de ces précieux moments qui sont plutôt rares et vous ne prenez que le positif. C’est également un bon test à l’amitié. Vous vivez loin et c’est votre choix. Si vos amis sont capables de comprendre que non, vous n’avez pas toujours le temps de prendre de leur nouvelle, que lorsque vous reviendrez vous n’aurez qu’une journée à leur consacrer pour X ou Y raisons, que malgré la distance vous êtes toujours là l’un pour l’autre dans les bons comme dans les mauvais moments, qu’ils vous soutiennent dans vos folies , même si c’est difficile,…
Un bon conseil… Gardez ces personnes près de vous tout au long de votre vie. 🙂

Quand je suis venue ici, j’avais très peur et je me disais « Je viens pour 6 mois et puis je rentre ». Résultat, mon contrat se termine le mois prochain et si on m’en laisse la possibilité, j’ai décidé de re signer pour une deuxième tournée ! Après tout, que ferais-je en Belgique pour le moment, sans travail et à devoir retourner vivre chez mes parents ? Je sais aussi que ce genre d’aventure, c’est une fois dans une vie.
Je peux le sentir, ce que j’ai à vivre ici n’est pas fini… N’ayez pas peur de l’inconnu, il vous ouvre grand les bras. Si vous avez l’occasion de vivre ce genre d’expérience, foncez ! Ca ne vous apportera que du positif pour le reste de votre vie.

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