La part de l’autre (E.E Schmitt).

Il m’aura fallu du temps pour trouver une manière d’expliquer ce que ce livre m’a apporté. D’autant plus que, 70 ans après, le sujet reste tabou.
Eric-Emmanuel Schmitt est sans aucun doute mon auteur préféré depuis ma jeune adolescence. J’aime son habilité à changer de style, à offrir des livres pour adolescents et adultes. J’aime son style, sa poésie, sa philosophie.
Vers 13-14 ans, j’avais déjà tenté de m’atteler à « La part de l’autre », mais je me suis vite rendue compte que j’étais peut-être un peu trop jeune pour ce genre d’ouvrage.
En fouillant dans la bibliothèque de ma mère, je l’ai retrouvé et me suis plongée dedans…

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Le speech : Et si Hitler avait réussi son examen d’entrée à l’Académie des Beaux-Art de Vienne ? Y aurait-il eu une seconde guerre mondiale ? Le Monde serait-il ce qu’il est aujourd’hui ?
Schmitt nous parle d’Hitler et de la part de l’autre, Adolf, peintre aimé et aimant…

Ce que j’en ai pensé : Ce livre est une bombe au visage. L’un de ceux qu’on ne retrouvera pas deux fois dans une bonne librairie. Il nous apprend à réfléchir, à nous poser les bonnes questions et, aussi surprenant que cela puisse paraitre, à être empathique.
D’un côté, nous avons Hitler et son parcours depuis son refus à l’Académie de Vienne. L’histoire est romancée mais les faits sont bien réels. Comment un homme, à priori normal, devient-il antisémite du jour au lendemain et décide de détruire une Race entière ? Comment un être aussi intelligent peut se faire prendre au piège de la folie pure ?
En s’appuyant sur les faits marquants de sa vie et de la période où il est monté au pouvoir, Schmitt nous montre sa descente aux enfers et, on en pleurerait presque. Toute la psychologie d’Hitler est résumée dans ce livre et franchement, c’est effrayant et peinant à la fois (en prenant le recul nécessaire, bien évidemment).

De l’autre côté, nous avons Adolf, élève studieux mais mal dans sa peau. Sa carrière, la guerre des tranchées, ses histoires d’amour et ses premiers émois sexuels. On découvre ce qu’Hitler aurait pu (ou pire, aurait dû) être. On découvre un être rempli de tendresse, d’amour pour son prochain et de talent. Quelqu’un d’extrêmement intelligent qui se refusera à haïr la France et les Juifs, même après avoir perdu son meilleur ami au combat…

Je le disais au début de cet article, ce livre est une baffe, un ouragan. On se susprend à comprendre le pire personnage que l’Humanité ait eu à connaitre. On se surprend à rire avec ce monstre, à partager ses peines. En bref, Eric-Emmanuel Schmitt arrive à donner une humanité à Adolf Hitler. Le livre porte bien son nom ; « La part de l’autre ». Parce que oui, nous en avons tous une et c’est ça que Schmitt essaye de nous faire comprendre, sans pour autant rentrer dans une spirale manichéenne, celle du bon et du méchant. Ce bouquin est bien plus philosophique et introspectif que cela…

Pour finir, le prologue est la cerise sur le gâteau. Je n’en parlerai pas plus parce que c’est cette partie du livre en particulier qui m’a donné des frissons mais quand on comprend tout le cheminement, la construction de ce livre faite par l’auteur, on a du mal à refermer le roman…

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